[Ce document est la traduction d’un extrait de « English Social History: Women of Nineteenth-Century Hastings and St.Leonards. An Illustrated Historical Miscellany » d’Helena Wojtczak, que l’auteur partage gracieusement avec les lecteurs du Victorian Web. Le site original, qui contient plus d’informations, est accessible en cliquant sur le titre. On peut y trouver par exemple des photographies et des images, qui n’apparaissent pas dans ce document. Traduction par Vanessa Ly, Paris; formatage et liens hypertextes par George P. Landow.]

Au sein du mariage

Le mariage et l’éducation d’enfants étaient inséparables ; en effet, donner naissance à des enfants était la seule occupation acceptable pour une femme au milieu du XIXè siècle. Toute documentation concernant le contrôle des naissances était illégale, et la plupart des femmes de la classe ouvrière étaient soit enceintes, soit en train d’allaiter, et ce depuis le jour de leur mariage, et jusqu’à la ménopause. Elles avaient en moyenne cinq enfants issus de huit grossesses ou plus – de nombreux enfants mouraient avant l’âge de cinq ans. La mortalité infantile était particulièrement élevée chez les plus pauvres. Il y avait beaucoup moins de naissances dans les classes supérieures, ce qui montre que certaines personnes ayant bénéficié d’une éducation savaient comment éviter les grossesses.

Hors du mariage

Les grossesses pré-maritales étaient rares dans les classes supérieures, parce que les jeunes filles étaient chaperonnées et leurs activités étaient contrôlées. Dans les classes moyennes, c’était également assez rare, et la jeune fille était rapidement mariée à son séducteur, ou envoyée au loin afin qu’elle accouche en secret et que son enfant soit adopté. De nombreuses femmes de la classe ouvrière tombaient enceintes avant le mariage ; cependant, en raison de la pression sociale, de la peur de perdre un travail rémunéré, et en raison du manque d’argent nécessaire pour élever l’enfant, nombre d’entre elles dissimulaient leur grossesse.

Si, comme cela arrivait souvent, une domestique était séduite par son employeur et tombait enceinte, la famille pouvait renvoyer la jeune fille de la maison ; mais si le séducteur était issu de la classe ouvrière, le couple était souvent poussé à se marier.

Au cours du XIXè siècle, de nombreux nouveaux-nés étaient trouvés abandonnés, généralement étranglés ou étouffés. Si la mère était retrouvée, elle était accusée de meurtre et jugée par un homme ainsi qu’un jury entièrement masculin. Dans de très nombreux cas, la femme avait été persuadée par l’homme d’avoir une relation sexuelle, voire piégée dans cette situation. Les tribunaux n’essayaient pas de retrouver le père, ce qui causait parfois des explosions de colère chez les femmes jugées.

A Hastings, de nombreuses jeunes travailleuses gardaient leur enfant et faisait une demande au tribunal pour obtenir une constatation de paternité, et forcer le père supposé à payer pour l’éducation de l’enfant. Au milieu du siècle, cette pension représentait environ 2 shillings par semaine. Les hommes contestaient souvent la paternité, mais on accordait souvent foi à la parole de la femme, surtout si elle pouvait amener des témoins disant qu’elle fréquentait bien l’homme en question à l’époque de la conception de l’enfant. Il y avait beaucoup plus de morts d’enfants illégitimes à Hastings que dans le reste du pays.

En 1851, William Eldridge, habitant Tivoli Road et âgé de 52 ans, était un brasseur et un fermier employant de sept à neuf personnes. Il déclarait être marié, mais aucune épouse n’apparaît sur le recensement. Cependant, une jeune femme nommée Louise Barnett, âgée de 39 ans, vivait à la même adresse ; elle avait désigné Eldridge comme étant le père de ses quatre enfants âgés de 9 mois à 7 ans. Le recenseur l’a désignée comme « servante » d’Eldridge.


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Last modified 24 juin 2012